Coaching Andante

Le mental en plus jeudi 2 février 2017

Article paru dans l'Équipe du 14 décembre 2016

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL P. Me.

Arrivé juste avant les Jeux, le préparateur mental Richard Ouvrard a aidé les joueuses à prendre confiance. Et cela se voit dans leur jeu.

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GÖTEBORG – Pour cause de soutenances de thèses à superviser à l’INSEP, Richard Ouvrard a dû quitter la Suède en début de semaine. Mais en attendant son retour pour une éventuelle demi-finale au sein du staff tricolore, le préparateur mental n’a pas oublié ses protégées. « On continue à travailler par Skype », souligne Olivier Krumbholz, qui ne passe pas deux jours sans citer celui qui semble devenu indispensable au groupe en quelques mois.

Disposer de personnel plus qualifié sur l’ aspect mental constituait une demande des joueuses depuis plusieurs années. À son retour en janvier, le sélectionneur s’est donc lancé dans des recherches et le nom de celui qui a notamment accompagné les champions olympiques Tony Estanguet (canoë), Emilie Fer (kayak) et Charline Picon (planche à voile) lui est parvenu. Les deux hommes se rencontrent, posent un cadre et acceptent de travailler ensemble. En juin, Ouvrard commence ses entretiens individuels avec des handballeuses pour certaines traumatisées par les événements (changement de sélectionneur, accusation de vols, etc .). « Il a fallu faire un travail pour tourner la page, explique-t-il, presque pour traiter un traumatisme. Mais j’ai trouvé des filles qui avaient de l’envie, un désir de revanche. »

La phase de diagnostic terminée, l’ancien nageur instaure des réunions entre toutes les joueuses, où chacune prend la parole . « Par exemple, une jeune qui doute va se préoccuper de sa performance, penser qu’elle n’est pas bonne, poursuit le quinquagénaire, qui reste dans les tribunes pendant les matches. Le fait de témoigner cela au groupe permet aux autres de lui faire un retour, et de souligner le positif qu’elles voient. » C’est ainsi que les bizuths comme Amanda Kolczynski ou Laura Flippes, qui disputent leur première compétition internationale cette année en Suède, sont sans cesse encouragées après chaque tir loupé, chaque ballon perdu. « C’est une équipe très saine au niveau mental, il n’y a pas de quiproquo, de coups bas entre elles », promet-t-il. Tout du moins il n’y en a plus. Terminé le temps où certaines la jouaient perso à en croire le sélectionneur. Désormais, c’est le collectif qui prime. Et le jeu s’en ressent, un peu plus stable malgré quelques baisses de régime encore trop fréquentes d'un match à l’autre et dans une même partie . « Cela a créé un socle vraiment dur, apprécie Alexandra Lacrabère, qui a trimballé son sourire tout au long de l’été brésilien, elle qui affichait un visage plutôt fermé en public. Ce n’est pas facile de se dévoiler dans un groupe, parce qu’on n’ose pas. Richard nous a aidées à nous connaître personnellement et à savoir écouter les autres. » Puisque la méthode a fonctionné aux Jeux de Rio, il n’y a donc pas de raison d’en changer. Ouvrard, lui, se verrait bien rester toute l’olympiade auprès des Bleues.