Coaching Andante

Les Bleues du handball misent sur leur mental pour rebondir vendredi 19 janvier 2018

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Article paru dans La Croix du 3/12/2017

L’équipe de France féminine a entamé samedi 2 décembre les championnats du monde de handball en Allemagne par une défaite surprise contre la Slovénie (23-24). Après leur médaille d’argent aux Jeux de Rio et leur confirmation en bronze à l’Euro fin 2016, les Bleues, qui visent un troisième podium consécutif, devront puiser dans leurs ressources mentales, qu’elles renforcent avec le préparateur Richard Ouvrard.

Toutes les équipes connaissent l’importance d’une entame de compétition. Quand la machine déraille d’entrée, le doute peut s’installer. Et il faut songer à retrouver le fil plutôt qu’à le dérouler pour faire sa pelote de confiance. Les Bleues vont se coltiner l’exercice, piégées qu’elles ont été samedi soir 2 décembre par la Slovénie en ouverture des championnats du monde de handball en Allemagne.

Elles ont perdu d’un petit point (23-24) contre des adversaires qu’elles avaient dynamitées quelques jours plus tôt en match amical. Le faux pas est étonnant. Raison de plus pour puiser dans les ressources mentales du groupe. Un bagage que les Bleues s’appliquent à remplir depuis deux ans.

Richard Ouvrard, préparateur mental

Petit retour en arrière. Après la période 2013-2015 achevée par l’éviction du sélectionneur Alain Portes dans une sinistre atmosphère de règlements de comptes extra-sportifs, Olivier Krumbholz, l’historique entraîneur des Bleues (de 1998 à 2013), est revenu aux affaires.

Mais pour effacer la crise, les Bleues ont souhaité mettre toutes les chances de leur côté : les joueuses cadres ont demandé le soutien d’un préparateur mental. Et c’est en juin 2016, à deux mois seulement des Jeux de Rio, que Richard Ouvrard est entré en scène.

Le spécialiste n’en est pas à sa première intervention auprès de champions. Il a déjà collaboré avec les céistes Tony Estanguet et Émilie Fer, ainsi qu’avec le nageur Alain Bernard, tous médaillés olympiques. Mais la prise en charge d’un collectif est une autre affaire.

« L’approche est différente, notamment avec une équipe féminine, explique-t-il. Les filles sont plus empathiques et réceptives aux variations émotionnelles. Les garçons régulent leurs émotions autrement, seuls, en binômes ou en petits groupes, à travers des rites. Les filles ont plus besoin de partager en groupe », assure-t-il.

Séances de travail Après des entretiens d’évaluation individuels, c’est donc avec l’ensemble du collectif que Richard Ouvrard construit ses premières séances. « Toutes, réunies en cercle, s’expriment. Il s’agit de mettre tout à plat pour éviter les interprétations pouvant aboutir à des relations viciées. »

Puis, en fonction des interactions entre les joueuses, l’encadrement et le terrain, le préparateur s’adapte. Il peut passer à un travail plus individuel, nécessitant des exercices basés sur des mots-clés associés à des sensations ou des perceptions en amont du mouvement physique, pour améliorer les conditions de la performance. L’essentiel du travail est réalisé avant la compétition.

« Pendant un tournoi, j’interviens parfois à la mi-temps mais c’est rare, souligne-t-il. J’aide juste au moment des analyses d’après-match à purger certaines informations, pour que les joueuses puissent interroger leurs émotions sous plusieurs angles de vue. »

Elles ont « une exceptionnelle capacité à se redresser »

La formule s’est révélée largement payante à Rio, où les Bleues se sont dépassées pour monter sur la deuxième marche du podium. « Elles ont développé une exceptionnelle capacité à s’enthousiasmer et à se redresser, elles ont généré une solidarité très forte », commente Richard Ouvrard.

Le groupe a su capitaliser sur ces acquis durant l’Euro fin 2016. Et Richard Ouvrard espère que la même dynamique sera à l’œuvre lors de ces Mondiaux : « Au plus haut niveau, il faut se remettre en question à chaque campagne. La performance ne se renouvelle pas, elle se reconstruit. »

Richard Ouvrard se garde cependant de comparer les Bleues à l’équipe de France masculine qui semble embarquer une assurance tous risques sur chacune de ses compétitions. « Nous n’en sommes pas encore là mais une culture est en train de s’installer aussi chez les filles. Reste à stabiliser notre travail. »

« On travaille surtout sur la relation corps-esprit »

À poursuivre, donc, une expérience relativement rare dans le sport collectif. Car la préparation mentale inquiète encore, dirigeants, sportifs et grand public confondant préparation et psychiatrisation.

« Ce qui est de la dimension psychologique génère toujours des peurs, regrette Richard Ouvrard. Comme si on remuait essentiellement les méninges, alors qu’on travaille surtout sur la relation corps-esprit, sur des représentations mentales modifiant des postures cognitives pour permettre aux joueuses de renforcer leur savoir-faire singulier. On ne change pas quelqu’un, pas plus qu’on ne modifie sa technique. On renforce et on favorise l’expression de ses points forts », insiste-t-il.

Et des points forts, le collectif tricolore en compte suffisamment pour rebondir après la déconvenue face à la Slovénie. « Je sens bien ce groupe, conclut l’expert, les filles ont faim et vraiment envie d’aller très loin. »

Le dernier carré comme objectif

Les Bleus ont pris goût aux podiums. En Allemagne, le sélectionneur Olivier Krumbholz a fixé un objectif clair : au moins les demi-finales. La défaite inaugurale contre la Slovénie complique la donne. Les Bleues devront redoubler d’efforts pour sortir premières de leur groupe A à six équipes – dont les plus menaçantes sont l’Espagne (le 7 décembre) et la Roumanie (le 8 décembre) –, histoire de se ménager un huitième de finale favorable contre le quatrième du groupe B.

par Jean-Luc Ferré

Par Coaching Andante

Comment les handballeuses françaises ont braqué le monde

Article paru dans Le Monde du 18/12/2017

Le deuxième titre mondial des Bleues, dimanche à Hambourg, doit beaucoup au retour d’Olivier Krumbholz à leur tête.

Elles ont renversé une montagne. Et à les voir aussitôt en reformer une autre – humaine celle-là – au centre du terrain d’une arène de Hambourg subitement muette, les joueuses de l’équipe de France de handball en avaient bien conscience. En l’emportant (23-21) face à la Norvège, dimanche 17 décembre, au terme d’une finale du championnat du monde haletante, les Bleues ont épinglé à leur poitrine une seconde étoile mondiale, après celle de 2003.

« On est champions du monde contre une équipe qui, paraît-il, était imbattable », a relevé le sélectionneur français, Olivier Krumbholz, se félicitant du « grand match » de ses ouailles. Soixante minutes durant, Bleues – en blanc – et Rouges se sont livré une lutte de haute volée pour le gain de la partie. Arrêts improbables, tirs imparables et défenses impénétrables : les deux équipes se sont mises au diapason de l’enjeu de la rencontre.

Car les coéquipières de la capitaine Siraba Dembélé étaient opposées à ce qui se fait de mieux dans le handball féminin : avec vingt médailles, dont douze d’or, remportées depuis deux décennies, les joueuses de l’Islandais Thorir Hergeirsson survolent la discipline, à l’instar des Français chez les hommes. Tenantes du titre mondial, elles avaient jusque-là survolé la compétition, prenant chacun de leurs adversaires à la gorge et creusant un rapide écart grâce à un jeu tout en mouvement.

« Obsession de l’excellence »

Face aux Bleues, elles ont tenté de dérouler cette même stratégie de rouleau compresseur en première période. Mais en 2017, il était écrit qu’à la fin des finales mondiales entre l’Hexagone et le pays des fjords, c’est l’équipe de France qui l’emporterait : onze mois après le triomphe des Experts à Paris face aux Norvégiens, leurs homologues féminines les ont imités à Hambourg.

« LE HANDBALL, OUTRE LE PHYSIQUE ET LA TECHNIQUE, ÇA SE JOUE DE PLUS EN PLUS AU MENTAL » PHILIPPE BANA, DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL!!!

Il est assez logique que ce soit en handball, sport collectif qui lui fournit le plus de breloques de métaux variés, que la France devienne pour la première fois double championne du monde la même année, tant chez les femmes que chez les hommes. Il faut remonter à 1982 et à l’Union soviétique pour trouver trace d’un précédent en handball.

Un tel doublé « n’est pas un accomplissement final », nuance le directeur technique national, Philippe Bana. Architecte de la réussite du handball français, il assume « l’obsession de l’excellence » de son sport qui, insiste-t-il, « est venu de nulle part et ne veut jamais y retourner ». Aussi planche-t-il déjà sur les prochaines échéances, à commencer par l’Euro 2018, où les Françaises étrenneront leurs galons de championnes du monde à domicile.

De l’expérimentée Alexandra Lacrabère, qui a inscrit le but final face aux Norvégiennes, à la verticalité insouciante de la jeune Orlane Kanor (20 ans), auteure de deux buts cruciaux en fin de partie, la quasi-totalité de l’équipe a été mise à contribution par Olivier Krumbholz au cours du tournoi. Que les Françaises avaient entamé par une défaite surprise face à la Slovénie avant une montée en puissance progressive.

« Sérénité à toute épreuve »

« Il a beaucoup fait tourner dès l’entame de la compétition et a impliqué les jeunes, souligne Véronique Pecqueux-Rolland, pivot des championnes du monde 2003. Et aujourd’hui, Kanor marque deux buts exceptionnels. Il a reposé les cadres, et ça a créé une vraie complémentarité entre toutes ces filles. Tout le monde a contribué, et c’est ce qui fait qu’il y a ce titre au bout. » Après leur médaille d’argent aux Jeux de Rio, et le bronze à l’Euro qui a suivi, la réussite des Bleues ne surprend pas Philippe Bana. Après plusieurs campagnes infructueuses et un Mondial 2015 achevé sur une piteuse 7e place et dans une ambiance délétère, « ces filles sont venues en 2016 nous dire : “On veut bien devenir copropriétaires du handball féminin, mais il faut nous aider”, se souvient le DTN. Et elles ont ciblé beaucoup de détails à améliorer. »

Outre le retour d’Olivier Krumbholz, écarté en 2013 pour manque de résultats, les joueuses demandent alors l’apport d’un préparateur mental. Richard Ouvrard rejoint alors les Bleues. Il explique conseiller les joueuses de façon individuelle, mais avoir également « pour mission de faciliter la discussion entre elles, en travaillant sur la cohésion du groupe ». Remercié par Allison Pineau après la victoire des Bleues, le coach mental se félicite de faire « aujourd’hui partie intégrante du staff technique ».

« Son travail a été très utile, abonde Philippe Bana. Car le handball, outre le physique et la technique, ça se joue de plus en plus au mental. » Et de prendrepour exemple l’entame de seconde période, où, « en double infériorité numérique, les filles ont dégagé une sérénité à toute épreuve ».

« Celui-là, on le met au fond, et après on défend comme des malades. » A trois minutes de la sirène finale, et alors que son équipe menait d’un but, Olivier Krumbholz a eu ces mots. Puis il a laissé ses joueuses débattre de la tactique à adopter. Pour qui a connu le Lorrain plus éruptif qu’un volcan islandais et guère enclin à partager le pouvoir, la métamorphose est totale. « Voilà une chose qui aurait été difficilement envisageable à notre époque », valide Valérie Nicolas, qui gardait les cages françaises en 2003.

Objectif Euro 2018

Ecarté de l’équipe entre 2013 et 2016, Olivier Krumbholz a mis à profit ce temps pour faire évoluer sa pratique. « Quand il est revenu, il avait compris beaucoup de choses », révèle Philippe Bana, notamment « la nécessité de collaborer avec les athlètes ». Converti à un management collaboratif, le Messin est davantage à l’écoute. « Je ne pense pas qu’il ait changé, mais il s’est bonifié, développe Richard Ouvrard. Et il a une part très importante dans la réussite de cette équipe, grâce à sa curiosité et son évolution. »

« COMME NOUS, LES FILLES ONT FONDÉ LEUR VICTOIRE SUR LA DÉFENSE, ET ÇA A MARCHÉ UNE NOUVELLE FOIS » VALÉRIE NICOLAS, CHAMPIONNE DU MONDE 2003!!!

« Trait d’union entre les équipes championnes du monde en 2003 et aujourd’hui », ainsi que le présente Valérie Nicolas, Olivier Krumbholz a instillé à ces deux collectifs la défense agressive qui caractérise son style. « Comme nous, les filles ont fondé leur victoire sur la défense, avec cet objectif de détruirel’adversaire, et ça a marché une nouvelle fois, en empêchant les Norvégiennes de dérouler leur jeu si efficace », observe la consultante de la chaîne BeIN Sports.

« Venant de toute la France, des grandes villes, de la campagne, des outre-mers ou avec des origines étrangères », ainsi que le résume Philippe Bana, les joueuses de l’équipe de France ont remarquablement assuré la promotion de l’Euro 2018. Devant son public, elle aspirera à remporter son premier titre continental et à réussir ainsi un doublé que seule la Norvège a déjà réalisé chez les femmes, en 2016. Mais les Françaises l’ont prouvé, abattre les montagnes ne les effraie pas.

Par Coaching Andante

Could Richard Ouvrard be the factor X for the French team? jeudi 2 février 2017

Published on ehf-euro.com

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The French national team came with 16 players but the list of important people does not stop here as they have obtained the help of mental coach Richard Ouvrard. Ouvrard has been a member of staff in the French national team set up since June of last year.

After the departure of Alain Portes and the comeback of head coach Olivier Krumbholz, one could imagine that there are some wounds to be licked. “Yes, the players needed to talk over a few things,” commented Ouvrard. “Depending on sensitive some were more hurt than others. But we cleaned up few things before the Olympics” he continued.

In terms of his method, Ouvrard, who also worked with the French swimming team, puts huge emphasis on self-expression so that everyone can feel free to express their feelings and also be conscience of the mental state of the others. “This has worked and relaxed everyone. If this work is not done, you working off something more like 20 per cent of your real capacity, even with the best intentions in the world.”

Seeing only the players during the training camps and the competitions Richard Ouvrard took the time to give the players confidence that they can express themselves freely in an individual or collective way. “And I am a player. That’s my temperament. And I win often. So I play with them. During the ‘collective moment’ the one who doesn’t want to speak starts first. So from the start it is interesting,” he said with a smile.

Present at the training sessions, he exchanges a lot of information with Olivier Krumbholz and keeps an eye on everything. “I watch everyone to see if there is something wrong. I listen how Olivier is speaking to the girls and give him feedback. I act at times as a mediator.”

Richard Ouvrard gives particular attention to self confidence -- something that the players understand. “They learned that when I see a player in a private meeting it doesn’t mean that she has a problem. When you want to go to a cave you make sure that the battery in your lamp is charged. In sport it’s the same, a full battery is having the skill to talk about stuff before things go wrong. If you do the opposite you run the risk of destabilising a player.”

Richard Ouvrard hopes to work with the French national team up until the next Olympics and sees the current team as very secured with each other and communicative with each other.

And how would he rate the mental state of the team? “I would say 7/10. We are in the beginning of our work but I am convinced that we have a lot of potential to develop. What I see is very encouraging.”

written by Mejdaline Mhiri / bc / ts

Par Coaching Andante

Le mental en plus

Article paru dans l'Équipe du 14 décembre 2016

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL P. Me.

Arrivé juste avant les Jeux, le préparateur mental Richard Ouvrard a aidé les joueuses à prendre confiance. Et cela se voit dans leur jeu.

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GÖTEBORG – Pour cause de soutenances de thèses à superviser à l’INSEP, Richard Ouvrard a dû quitter la Suède en début de semaine. Mais en attendant son retour pour une éventuelle demi-finale au sein du staff tricolore, le préparateur mental n’a pas oublié ses protégées. « On continue à travailler par Skype », souligne Olivier Krumbholz, qui ne passe pas deux jours sans citer celui qui semble devenu indispensable au groupe en quelques mois.

Disposer de personnel plus qualifié sur l’ aspect mental constituait une demande des joueuses depuis plusieurs années. À son retour en janvier, le sélectionneur s’est donc lancé dans des recherches et le nom de celui qui a notamment accompagné les champions olympiques Tony Estanguet (canoë), Emilie Fer (kayak) et Charline Picon (planche à voile) lui est parvenu. Les deux hommes se rencontrent, posent un cadre et acceptent de travailler ensemble. En juin, Ouvrard commence ses entretiens individuels avec des handballeuses pour certaines traumatisées par les événements (changement de sélectionneur, accusation de vols, etc .). « Il a fallu faire un travail pour tourner la page, explique-t-il, presque pour traiter un traumatisme. Mais j’ai trouvé des filles qui avaient de l’envie, un désir de revanche. »

La phase de diagnostic terminée, l’ancien nageur instaure des réunions entre toutes les joueuses, où chacune prend la parole . « Par exemple, une jeune qui doute va se préoccuper de sa performance, penser qu’elle n’est pas bonne, poursuit le quinquagénaire, qui reste dans les tribunes pendant les matches. Le fait de témoigner cela au groupe permet aux autres de lui faire un retour, et de souligner le positif qu’elles voient. » C’est ainsi que les bizuths comme Amanda Kolczynski ou Laura Flippes, qui disputent leur première compétition internationale cette année en Suède, sont sans cesse encouragées après chaque tir loupé, chaque ballon perdu. « C’est une équipe très saine au niveau mental, il n’y a pas de quiproquo, de coups bas entre elles », promet-t-il. Tout du moins il n’y en a plus. Terminé le temps où certaines la jouaient perso à en croire le sélectionneur. Désormais, c’est le collectif qui prime. Et le jeu s’en ressent, un peu plus stable malgré quelques baisses de régime encore trop fréquentes d'un match à l’autre et dans une même partie . « Cela a créé un socle vraiment dur, apprécie Alexandra Lacrabère, qui a trimballé son sourire tout au long de l’été brésilien, elle qui affichait un visage plutôt fermé en public. Ce n’est pas facile de se dévoiler dans un groupe, parce qu’on n’ose pas. Richard nous a aidées à nous connaître personnellement et à savoir écouter les autres. » Puisque la méthode a fonctionné aux Jeux de Rio, il n’y a donc pas de raison d’en changer. Ouvrard, lui, se verrait bien rester toute l’olympiade auprès des Bleues.

Par Coaching Andante

Interview de Sylvain Curinier mercredi 26 juin 2013

Vingt ans se sont écoulés entre sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Barcelone (1992) et les deux titres olympiques de ses kayakistes Tony Estanguet et Emilie Fer à Londres en 2012. Retrouvez l’interview de Sylvain Curinier et percez les secrets d’un des meilleurs entraîneurs français.

Quelles sont les étapes clés que vous avez franchies pour devenir un entraîneur de haut niveau ?

La première étape qui m’a permis de devenir entraîneur c’est mon vécu d’athlète. En parallèle de ma carrière sportive j’ai mené des études en rapport à l’entraînement. J’ai passé notamment un DESS entraînement et management du sport à Dijon, ça m’a énormément inspiré et aidé à mettre en pratique des éléments acquis au plan théorique. Lorsque je suis passé entraîneur en 1997, j’ai pu capitaliser sur ce que j’avais pu mettre en place dans ma carrière de sportif, j’ai réussi à faire des rencontres et à poursuivre mon cursus de formation.

Comprendre, apprendre est pour moi une priorité, j’ai un besoin viscéral de continuer à me former, l’an dernier j’ai ainsi passé un diplôme à l’INSEP ; l’Exécutive Master « accompagnateur des acteurs du sports de haut niveau », je suis aussi praticien PNL, j’ai orienté progressivement mon cursus sur l’aspect relationnel.

Ma volonté c’est d’avoir différents apports et éclairages sur des éléments qui, combinés entre eux, permettent d’avancer, de progresser et de mieux appréhender les composantes de la performance. Avant d’aller aux JO de Londres, j’avais déjà l’expérience de plusieurs olympiades comme coach : les J.O de Sydney où j’entraînais Laurent Burtz (finaliste) et bien évidemment Athènes avec la sélection de kayaks hommes qui décrocha l’or avec Benoît Peschier et le bronze avec Fabien Lefèvre.

Comment décrivez-vous votre philosophie en tant que coach ?

Je dois d’abord souligner que quoique l’on fasse en tant qu’entraîneur, la performance vient de l’athlète lui-même. Je pars du postulat que l’athlète a, en lui, les ressources et le potentiel. Et je vais l’aider à trouver ses propres solutions. Mes objectifs d’entraîneur sont de donner à l’athlète l’avantage d’être en compétition en pleine possession de ses moyens, lui fournir les outils pour faire les bons choix au bon moment. Pour cela, mon rôle du coach est donc de faire grandir l’athlète, l’aider à mieux se connaitre et entrer dans un accompagnement. Il s’agit d’instaurer une collaboration stimulante avec le sportif, pour optimiser ses atouts et évacuer les obstacles. Cette collaboration athlète/entraîneur va générer de nouvelles formes d’entraînements que l’on construit ensemble. Personne n’a la science infuse, les athlètes que j’entraîne ont beaucoup d’expérience. Il est donc important de définir une direction que l’on partage et y croire ensemble. Mon rôle d’entraîneur, je le perçois vraiment à différents niveaux ; au niveau opérationnel, environnemental, et comportemental. J’aime bien toucher à tous les aspects de la préparation en prenant appuis sur des thématiques qui permettent d’ancrer certains types de rapports avec l’athlète, ne pas être systématiquement dans une relation entraîneur-entraîné et de conserver une possibilité d’ouverture.

En résumé ma philosophie en tant que coach est une approche combinée de pleins d’éléments, d’outils en lien avec l’athlète. En effet, je crois profondément que l’action de coaching se construit sur une multitude d’actions, d’attitudes, d’échanges, réalisés de manière cohérente et adaptée pour la réalisation de la performance par l’athlète.

Tony Estanguet et Emilie Fer vos 2 médaillés d’or au J.O de Londres ventent votre méthode d’entraînement, sur quoi repose la « méthode Curinier » pour gagner autant de titre ?

Je m’appuis sur la méthode Approche action types (AAT) et sur ses fondateurs Ralph Hippolyte et Bertrand Théraulaz. Cette approche se veut innovante car elle combine systématiquement les trois dimensions fondamentales de tout individu : son corps (sa motricité, sa façon d’agir) ses émotions (l’impact du contexte sur soi) et son mental (ses ressources cognitives). L’AAT est donc une méthode de « profilage » qui me permet de mieux connaitre mes athlètes. J’aborde avec eux des questions identitaires, de motivations qui vont m’aider à mieux les entraîner et établir avec eux une ligne directrice qui s’oriente d’abord sur le plaisir, l’envie, la joie de naviguer, de se comprendre. Grace à cette approche, il en découle des préférences et des liens avec ce que je peux mettre en place au niveau de l’accompagnement, de la préparation physique ou du coaching en compétition.

En fonction du contexte, j’affine mon coaching, j’utilise des outils, des leviers différents, pour cela je n’hésite pas à bien m’entourer et je travaille avec des personnes ressources sur des domaines spécifiques. Dans le cadre des J.O de Londres j’ai sollicité Richard Ouvrard, qui nous a apporté un coaching extérieur, avec entre autre une méthode appelée « modélisation symbolique ». Le but était de nous aider à fluidifier les rapports entraîneur / athlète et aussi nous faire progresser sur la compréhension de nos divers comportements en compétition.

Mon approche est toujours guidée par la volonté de progresser, l’idée est donc de garantir à l’athlète une possibilité de progression maximale en insistant sur ses points forts, ses qualités et insister sur le plaisir et le positif.

Selon vous, pour réussir, faut-il davantage de plaisir que de sacrifices ?

Dans le sport de haut niveau, il existe une croyance qui dit que pour réussir il faut forcement faire de gros sacrifices et beaucoup d’efforts. Ce n’est pas ma façon de penser, je suis convaincu qu’il est plus important de bâtir une préparation à partir du plaisir et de l’envie plutôt que sur de la souffrance. En canoë-kayak, nous sommes dans un sport ouvert, en lien avec un milieu aléatoire, parfois hostile, qui génère de l’échec. A mes yeux l’approche basée sur le travail et le sacrifice n’est pas suffisamment en lien avec un milieu comme une rivière. C’est pourquoi il faut se détacher du résultat, la préparation doit apporter un équilibre dans la vie du sportif, le faire évoluer comme individu. Et si tu reposes uniquement ta préparation sur le sacrifice et que tu n’atteins pas tes objectifs ça ne sert pas à grand-chose, seulement à remuer des regrets et nourrir l’amertume de s’être planté !

Pour moi, la carrière sportive est une période magnifique de la vie, pour réussir à être performant un athlète doit énormément s’investir mais je ne vois pas ça comme un sacrifice.

Vous gérez également la préparation physique de vos athlètes, pouvez-vous nous dire quelles sont les priorités de travail dans une discipline comme le canoë - kayak ?

Je tiens d’abord à préciser que si je ne délègue pas la préparation physique de mes athlètes c’est que je n’ai pas trouvé de personne ressource qui correspondait à ce que je voulais mettre en place avec eux. En préparation physique, j’insiste énormément sur le renforcement musculaire qui doit être pensé et adapté aux spécificités de notre discipline, ce renforcement est basé sur la proprioception, l’élasticité et le gainage. En priorité du proximal au distal, des muscles profonds aux superficiels. J’insiste également sur la résistance à la fatigue, ça passe par un travail sur la composante énergétique. Ensuite, il faut faire un transfert en situation, c’est-à-dire sur l’eau dans des conditions réelles proches de la compétition. Et enfin, il faut être précis et rigoureux sur l’optimisation de la récupération en utilisant des procédés qui vont aider l’athlète à se régénérer.

Pouvez-vous nous expliquer vos choix et orientations au plan physique pour préparer vos athlètes en vue des JO de Londres ?

On a fait une préparation basée sur la prévention, le gainage à la fois des ceintures scapulaires et pelviennes axé du proximal vers le distal mais également une préparation orientée sur des mouvements qui mettent en jeu des chaines poly-articulaires dans leur globalité en insistant sur l’équilibre et l’élasticité musculaire. Ce renforcement musculaire a été notre fil rouge sur la phase de préparation, elle a commencé en début d’année par un cycle de travail en puissance et force excentrique, combinée avec de la résistance à la fatigue sur des régimes de contractions musculaires isocinétiques à vitesses variées. Pour cela, nous avons collaboré et bénéficié des équipements de l’équipe de rugby de la section paloise qui a mis à disposition son con-trex, à raison de deux fois par semaine pendant quatre semaines pour renforcer les rotateurs internes et externes de l’épaule et travailler les abaisseurs. Dans l’hiver nous sommes partis faire un stage au soleil pour trouver de bonnes conditions de pratique. Puis deux mois avant les J.O, nous avons programmé une alternance de phases de préparation sur le bassin des jeux qui correspondait à des blocs de 5 jours avec entraînements biquotidien et des phases de régénération. Le dernier mois, nous sommes monté en intensité, en aérobie puissance et en terme de vitesse de course. Puis quelques semaines avant l’échéance - 3 semaines - on a réalisé un stage de régénération au Sophia Antipolis - à l’hôtel Sophia country club-. Lors de ce stage, les athlètes ont enchainé les séances de cryothérapie couplées avec des séances de récupération animées par les préparateurs physiques de BFS Training, Olivier Pauly et Fabien Lefaucheux. Juste avant la compétition, nous avons passé 5 jours au village Olympique avec essentiellement de la navigation, puis 2 jours libres, et enfin 2 jours de préparation à l’épreuve avant le jour J. Notre préparation était ambitieuse et c’est une merveilleuse réussite, aujourd’hui je réfléchis comment je peux capitaliser sur tout cela car on s’est énormément investi pour ces jeux. »

Sur le blog de Benjamin Del Moral : http://www.physiquesperformance.com/blog/interview-sylvain-curinier

Par Coaching Andante

Interview : Richard Ouvrard - Coach - Témoin clé natation

  • Nom : OUVRARD
  • Prénom : Richard
  • Fonction : « Coach – accompagnateur », Formateur et Responsable Pédagogique de la formation Executive Master d’Accompagnateur (E.M.A) à l’I.N.S.E.P, formateur à l’université de Bourgogne et d’Aix – Marseille.
  • Disciplines de prédilection en tant que pratiquant : Natation
  • Disciplines de prédilection en matière d’accompagnement : Natation, Voile, Canoë Kayak, Judo, Football, Rugby, Hand-ball, Tir.

LGEUP : Richard, tu as la possibilité de te présenter à nos lecteurs, à toi de jouer !!!


RO : Un parcours d’homme de terrain et concerné par les relations humaines depuis toujours à travers différentes expériences professionnelles : enseignement de la natation, entraînement sportif, thérapie, psychothérapie et depuis plus de 15 ans pratique du coaching dans le monde du sport de haut niveau auprès des entraineurs, DTN et des sportifs et dans l’entreprise auprès des managers, des cadres et des chefs d’entreprise. Depuis l’enfance intéressé par le sport, la philosophie, la psychologie, les neuro-sciences, la santé. Une interrogation essentielle était celle du lien, des relations entre différents niveaux de l’existence et notamment les relations entre le corps, l’environnement, les émotions, les pensées, les cultures familiales et sociales, les histoires de vie et le sens de la vie.

LGEUP : Tu as choisi d’accompagner l’Autre notamment dans le domaine de la performance, peux-tu expliquer à nos lecteurs ce que tu aimes dans ce domaine, ce qui retient ton attention ?


RO : Ce que j’aime dans le monde du sport de haut niveau c’est avant tout l’engagement des athlètes et des entraîneurs dans une recherche du meilleur de soi et d’une meilleure connaissance de soi à tous les niveaux, physique, émotionnel, mental... L’accompagnement sportif a cette particularité d’intégrer la relation du corps avec l’esprit, une approche globale et complexe de l’homme et de la performance. Cette intégration est aujourd’hui incontournable pour cheminer vers le plus haut niveau et en particulier au niveau de l’entraîneur dans un premier temps puis auprès du sportif dans un deuxième temps si nécessaire mais seulement en seconde intention. Je crois fermement à la formation et à l’accompagnement de l’entraîneur avant tout pour qu’il puisse accompagner le sportif dans sa singularité et sa créativité.

Accompagner le cheminement vers une performance c’est accompagner l’homme dans son développement en traversant des frontières physiques, émotionnelles et mentales. Le haut niveau est un accélérateur de développement. L’apprentissage du dépassement de soi à travers des souffrances et des contraintes choisies ou acceptées est un des grands privilèges de cette pratique. Apprendre à dépasser ses limites, à aller au delà de ce que l’on croit être possible participe à forger des convictions, des savoir-faire d’exception. Il y a bien entendu des avantages et des inconvénients à tout processus et cheminement. Il ne faut pas croire que tout est rose et positif sur ce chemin... j’arrête là mon commentaire sinon je vais développer des thèses concernant les besoins d’accompagnement et de prévention post-carrière sportive qui nous mèneraient loin mais que je trouve néanmoins essentiels.

LGEUP : Un sujet intéressant et essentiel à reprendre plus tard certainement ! Interviens-tu uniquement dans le domaine de la performance ?


RO : J’interviens aussi auprès du particulier et dans le monde de l’entreprise. Mon travail consiste, souvent dans un cadre professionnel, à faciliter de la cohérence ou un alignement entre l’identité d’un individu, ses valeurs, ses compétences, ses actions et l’environnement dans lequel il œuvre pour mettre au jour ses vocations et trouver sa place, son espace dans son environnement. C’est une des phases de travail qui favorise la performance humaine quel que soit le domaine. La performance humaine étant pour moi d’être au plus près de soi avec toutes ses parties, parfaitement imparfait. Je crois fermement au moins à deux conditions de la réussite qui sont associées :
 (1) à la capacité à renforcer, ancrer ces compétences, ses savoir faire uniques et singuliers, sa créativité (2) à la capacité à côtoyer, à considérer et à dialoguer avec ses qualités et ses défauts. A contrario, une des conditions de l’échec (sous notre contrôle) est de refuser ou de ne pas pouvoir ou vouloir dialoguer, rencontrer ses parties « ombres ».

LGEUP : Comment résumes-tu les qualités ou les contextes qui sont indispensables à la réussite des nageurs et des athlètes en général ?

RO : Aujourd’hui les nageurs sont des athlètes polyvalents et complets. L’exigence du haut niveau réclame cela ! Il n’y a pas de place pour le hasard. Les qualités principales sont essentiellement une grande capacité d’apprentissage, une capacité à se dépasser, à se transcender, mais je crois que l’essentiel se situe dans la rencontre entre un athlète et un entraîneur et aussi une équipe. Quelles que soient les qualités ou les défauts, la rencontre est fondamentale. Alain Bernard et Denis Auguin, Camille Muffat et Fabrice Pellerin, Yannick Agnel et Fabrice Pellerin, Tony Estanguet et Sylvain Curinier, Tony Estanguet et Patrice Estanguet, Jonathan Lobert et François Lecastrec,... ou un entraineur d’un collectif avec un groupe ; Claude Onesta et Sylvain Nouet (et leur staff, mais aussi plus loin les entraîneurs de chaque joueurs) avec l’Équipe de France de Hand-ball,...

LGEUP : Nos lecteurs se demandent certainement comment intervient le coach-accompagnateur que tu es. Peux-tu décrire les grandes phases depuis la réception du besoin jusqu’à l’action sur le terrain si tu interviens jusqu’à ce stade ?


RO : En général je reçois une commande venant de l’entraîneur et parfois du DTN ou du directeur d’équipe de France. Si la demande vient de l’athlète, je sollicite dans la mesure du possible l’entraîneur par l’intermédiaire de l’athlète. Je souhaite accompagner avant tout l’entraîneur pour accompagner le sportif. Je crois fermement que dans le haut niveau c’est l’entraîneur qui doit « garder la main » même sur le plan mental. C’est lui qui doit être accompagné avant tout, être entendu, accueilli, pour qu’il puisse purger sa sphère émotionnelle et mentale. C’est lui qui est la principale interface entre l’athlète et son environnement au jour le jour. Je pense aussi que l’entraîneur doit intégrer un minimum de compétences en communication, être supervisé non pas seulement autour d’une analyse de pratique mais être accompagné en étant questionné sur ses convictions, ses visions, renforcé dans ses compétences (comme le sportif).

Bien entendu je commence par questionner sur l’état et la situation présente puis rapidement sur le parcours et le contexte. Ensuite le questionnement s’oriente vers la vision, sur les objectifs, les projets ! Vient ensuite l’immersion, l’observation en action et « contextualisé » (à l’entrainement et en compétition). Le questionnement sur les problématiques, le renforcement des compétences, la facilitation des apprentissages. Une analyse contrastive permettant d’évaluer un plan d’action de l’accompagnement et un plan d’action pour le sportif et l’entraîneur (construit par les intéressés). Et un coaching spécifique aux besoins et à l’état présent. Je n’interviens pas au moment de la compétition. Mais je reste joignable en ressource. Il m’est également arrivé d’être présent pour observer et analyser voire exceptionnellement accompagner dans certains questionnements.

LGEUP : Peux-tu nous en dire plus sur les enjeux sur le plan mental concernant des épreuves qui s’enchaînent sur plusieurs jours ? A quoi convient-il d’être particulièrement attentif selon toi ?


RO : A propos d’épreuves qui s’enchainent sur plusieurs jours le 1er paramètre sur lequel il faut être attentif et qui influence le mental du sportif est celui de l’endurance, du capital physique et de l’équilibre neuro-végétatif. Bien entendu ceci est travaillé bien en amont sur toute l’Olympiade. Il faut un maximum de fraicheur physique pour un maximum de lucidité. L’autre paramètre, être centré sur ses routines tout en faisant des aller-retours pour recueillir les infos et réactualiser ses choix et stratégies.

LGEUP : Les J.O. sont une épreuve très « spéciale » comme disent les anglo-saxons... Il y a souvent débat sur la nécessité ou non de préparer cette épreuve comme une autre... Selon toi, doit-elle être préparée comme une autre épreuve ou de manière spécifique ? Pour quelles raisons ?


RO : Cette préparation doit être effectuée comme d’autres grandes compétitions (Championnats du Monde ou d’Europe) mais elle sera toujours singulière et individualisée en fonction de l’athlète, de ses convictions, de son palmarès et de son vécu olympique, en fonction des enjeux sportifs mais aussi des influences médiatiques, sociales en général et familiales (contexte sportif familial, contexte historique et sportif de la famille, relations familiales ou pas). Cette préparation est aussi influencée par l’histoire Olympique de l’entraîneur. Enfin c’est une compétition à forts enjeux financiers vis à vis de la carrière à venir d’un jeune athlète (il s’agit parfois d’anticiper la réussite et ses conséquences sur ce point, entre autres)

LGEUP : A ton avis, quelle que soit la discipline, qu’est-ce qui fait la différence entre les médaillés et les autres concurrents à Londres ?


RO : Une différence est celle qui est inscrite en amont, dans l’histoire de vie du sportif, ses visions, son caractère. La conviction de réussir et l’engagement pour le titre. Une vision forte et une constance dans les perceptions et sensations en relation avec les réussites. Une capacité d’apprendre hors norme et d’apprendre de ses échecs.

LGEUP : Le jeu des pronostics est toujours risqué, restons raisonnables sur ce sujet !... Mais une interview sur ce blog est le cadre idéal pour prendre des risques !!! Oses-tu formuler un pronostic concernant au moins une des épreuves que tu maîtrises ?


RO : Cinq titres voire six (400 m N.L Camille Mufat, 4 x 100 m N.L Homme, 200 m N.L Yannick Agnel, 200 m Camille Mufat, 4 x 200 m N.L Hommes, 100 m N.L Yannick Agnel, 50 m N.L Amaury Leveaux ou Florent Manaudou ou 4 x 200 m Femmes ou 800 m Coralie Balmy), et enfin à minima sept voire huit médailles en tout.

LGEUP : Et à titre personnel, as-tu un objectif pour ces Jeux ? Quel est-il ?


RO : Que chaque champion et entraîneur que j’ai accompagné reparte au minimum avec une médaille (5 à 6 médailles, dont deux ou trois voire quatre titres intégrant trois sports ; natation, voile, canoë kayak).

LGEUP : ...Nous te souhaitons évidemment de l’atteindre ! Merci beaucoup pour ce témoignage sur notre blog et bons Jeux à toi !

Publié le 31 juillet 2012 par Sylvain Basset sur le blog : http://www.la-gagne-est-un-projet.com

Par Coaching Andante

Les stratégies de diffusion publique de l’information : L’exemple de la fédération sportive de natation dans la médiatisation des événements samedi 4 mai 2013

L’objectif de cet article est d’étudier l’influence de la fédération française de natation (FFN) dans la diffusion des événements sportifs par l’instauration de règles (temps de qualification, réglementations, etc.) ou d’artefacts communicationnels (coupes, championnats, etc.) et d’étudier comment ces événements sportifs sont relayés pour le public par une communication médiatique de l’information institutionnelle à travers le média de la presse écrite. Une analyse comparative de l’information institutionnelle diffusée par la fédération via Internet, d’un questionnaire soumis à la Direction Technique Nationale et d’un corpus journalistique est utilisée pour mettre en évidence ce qui influence l’événement de communication à forte représentation dans l’espace public.

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Par Coaching Andante

Les stratégies de médiatisation des événements: un moyen de construction de représentations pour les jeunes

L’objectif de cet article est d’étudier l’influence, que peut avoir sur les jeunes la diffusion et la construction des événements sportifs par l’instauration de règles (tableaux de temps de qualification, réglementations, etc.) ou d’artefacts (Agostinelli, 2003) communicationnels (coupes, championnats, challenges, etc.). L'intérêt est ici de montrer comment les événements sportifs, relayés par une information journalistique construisent des représentations pour les jeunes générations. De quelle façon, les différents médias contribuent à renforcer les représentations du sport auprès des jeunes ? Pour répondre à ces questions, une méthodologie comparative de l’information diffusée sur deux types d'événements sportifs (coupe du monde de rugby et festival des sports extrêmes) via Internet et d’un corpus journalistique est utilisée pour mettre en évidence ce qui influence l’événement de communication (Ouvrard-Servanton, 2010) à forte représentation dans l’espace public.

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Par Coaching Andante

L'Équipe - Alain Bernard (19/03/12) mercredi 17 avril 2013

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Pour le dernier grand défi de sa carrière, Alain Bernard a décidé de ne rien laisser au hasard "On n'a jamais été aussi au top de l'investissement", avoue-t-il. "On" c'est lui et Denis Auguin. Ils prennent toutes les décisions en commun. Il y a deux ans, ils ont décidé de faire appel aux services de Richard Ouvrard, qui se définit comme "accompagnateur de haut niveau". Son travail se situe dans l'approche mentale de la compétition. "On se voit de temps en temps à trois avec Denis, détaille Bernard. J'ai fait beaucoup de progrès pour parler, me livrer, exprimer des choses très personnelles. On travaille depuis quelques mois sur la légèreté, pour dédramatiser l'événement. Il y a quelques années, je n'en ressentais pas le besoin parce que j'avais une idée toute faite de ce métier. Je pensais qu'il nous dictait notre conduite. Et puis j'ai rencontré Richard et j'ai tout de suite accroché. En fait je suis totalement libre."

Voir l'article dans sa totalité dans les annexes, plus bas.

Par Coaching Andante

L'Équipe - Alain Bernard (17/10/10)

Article du 17 octobre 2010 (l'Équipe - Alain Bernard)

"Je m'occupe du couple entraîneur-sportif, sans interventionnisme. Je les accompagne dans leur réflexion et sur la connaissance d'eux-mêmes. (...) Cette fluidité de leur relation enlève beaucoup de stress. C'est un gain d'énergie qui se répercute dans la physiologie des deux et donc dans la qualité de l'entraînement puis l'accélération de la performance."

Voir l'article dans sa totalité dans les annexes, plus bas.

Par Coaching Andante